Jean-Pierre Bemba in court
qui est Jean-Pierre Bemba Gombo

Par Wakabi Wairagala

Cette semaine, deux témoins qui se présentaient à la barre au procès de Jean-Pierre Bemba à la Cour pénale internationale (CPI) ont semblé décharger ses combattants de la responsabilité des atrocités commises durant le conflit de 2002-2003. Les témoins de la défense ont attribué les crimes aux combattants rebelles du groupe mené par François Bozizé qui a pris le pouvoir en mars 2003.

Le ‘‘témoin D04-23’’, un ancien membre des forces de M. Bozizé que la milice du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de M. Bemba combattait, a indiqué qu’il n’avait entendu parler d’aucun crime commis par la milice de l’accusé. Lors de l’interrogatoire mené par l’avocat de la défense Aimé Kilolo-Musamba, le témoin a affirmé qu’il avait entendu parler de nombreux cas de viol perpétrés par les rebelles de M. Bozizé lors de leur campagne visant à renverser le président de la République centrafricaine (RCA) Ange-Félix Patassé.

« Il y a eu un grand nombre d’abus lors desquels des femmes ont été agressées violemment », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’un membre de sa famille avait été sexuellement agressé mais a apporté des détails sur cet incident à huis clos.

Le récit de ce témoin est en désaccord avec les affirmations de l’accusation selon lesquelles les troupes de M. Bemba utilisaient le viol comme une arme de guerre et avaient commis des viols généralisés dans toutes les zones où elles étaient présentes.

En juin dernier, un ancien soldat de l’armée centrafricaine avait déclaré que ses collègues avaient violé des femmes dont les maris étaient soupçonnés de soutenir les rebelles.

Les procureurs accusent M. Bemba d’être responsable des meurtres, viols et pillages qui auraient été perpétrés par sa milice. Il nie que ses troupes aient commis les crimes.

Entretemps, le ‘‘témoin D04-26’’ a également décrit comme des « excès », les viols dont il avait eu connaissance et qui auraient été commis par les rebelles de M. Bozizé entre le 25 et le 30 octobre 2002.

Le ‘‘témoin D04-26’’ a également attribué les actes de pillage aux rebelles de M. Bozizé. Il a précisé que, en raison de ressources limitées, les rebelles n’étaient pas payés et manquaient de nourriture. Cela les a poussé à « commencer à voler » les civils.

Le ‘‘témoin D04-23’’ et le ‘‘témoin D04-26’’ ont apporté simultanément leur déposition devant la Cour basée à La Haye via un lien vidéo depuis un lieu dont le nom n’a pas été divulgué. L’essentiel de leurs témoignages a été entendu à huis clos.

Lors du contre-interrogatoire mené par l’avocat de l’accusation Eric Iverson, le ‘‘témoin D04-23’’ a déclaré avoir entendu parler de crimes qui auraient été commis par les forces loyales à M. Patassé. « Par nos services de renseignement, on a su que dans l’autre camp, ils pillaient mais on ne nous a pas dit si c’étaient des libyens, des Banyamulenge ou un autre groupe », a indiqué le témoin. Les Banyamulenge est le terme local utilisé pour désigner les troupes de M. Bemba.

Le témoin a indiqué avoir entendu parler de l’arrivée du MLC le 30 octobre 2002. Il a indiqué que l’avancée des rebelles vers la capitale Bangui « avait rencontré ce jour-là une forte résistance ».

« Nous avons appris l’arrivée des Banyamulenge en renfort, des libyens et de plusieurs autres groupes dont les troupes de [Abdoulaye] Miskine », s’est souvenu le témoin.

Le témoin a cependant déclaré qu’il n’avait aucun détail sur l’engagement des soldats congolais dans le conflit. « Je n’ai pas combattu aux côtés des Banyamulenge. Á cette époque, ils étaient nos ennemis ».

Les deux témoins ont déclaré que les rebelles de M. Bozizé comprenaient un « mélange de personnes », composé d’anciens soldats des forces armés centrafricaines, de recrues civiles et de citoyens tchadiens. Selon le ‘‘témoin D0-23’’, ces personne parlaient plusieurs langues, y compris un dialecte centrafricain, le sango ainsi que le français et le lingala, une langue originaire du Congo.

Le ‘‘témoin D0-23’’ a déclaré que les tchadiens ne parlaient pas couramment le français mais qu’un grand nombre d’entre eux parlaient sango. Il a expliqué que, hormis le français, les anciens soldats de l’armée centrafricaine, dont certains avaient suivi un entraînement militaire au Congo, parlaient sango et lingala. Il a indiqué que les recrues civiles comprenaient des travailleurs immigrés du Congo, souvent dénommés « cireurs de chaussures », qui parlaient sango, français et lingala.

De nombreux témoins de l’accusation ont déclaré avoir identifié les auteurs des crimes comme appartenant aux troupes de M. Bemba en partie parce qu’ils parlaient lingala.

Entretemps, le ‘‘témoin D04-26’’ a nié les suggestions des procureurs selon lesquelles il avait reçu des « promesses » d’une déposition qui impliquait des forces autres que le MLC.

Cependant, un document présenté par les procureurs montrait que le ‘‘témoin D04-26’’ avait indiqué aux avocats de M. Bemba avoir eu connaissance de l’intervention de cinq mois du MLC dans le pays en conflit. Interrogé par l’avocat de l’accusation Massimo Scaliotti pour savoir pourquoi, lors de sa déposition de quatre jours, il n’avait donné aucun témoignage sur ce point, le témoin a répondu que lors de son contact initial avec les avocats de la défense, il avait été « prudent ».

« Je n’avais pas tellement confiance en eux et j’étais fatigué de répéter certaines choses. Aujourd’hui, je suis devant des professionnels et je dois dire la vérité », a expliqué le témoin.

« Quelqu’un vous a-t-il promis quelque chose en échange de votre témoignage devant la Cour ? », a demandé M. Scaliotti.

« Personne ne m’a offert quoi que ce soit », a répondu le ‘‘témoin D04-26’’.

Les audiences se poursuivront lundi 26 août.

 

1 Commentaire
  1. ALAIN-MAKABA’I’GOOD SALUT YOU,JE DECLARE SINCEREMENT QUE TOUT L’ACCUSATION CUMULLER CONTRE BEMBA,SON NOS FONDE,LA JUSTICE D’ALLAH PARAITRA D’UN MOMENT A L’AUTRE,AVEC DIEU NOUS FERONS DES EXPLOIT ,EVITER LA MANIPULATION POLITIQUE,TOUS SES QUI BRULES N’EST PAS L’OR’-DIEU EST LE SEUL JUSTICIER DANS L’ESPACE DE NOTRE DRC,AMEN.

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