Jean-Pierre Bemba in court
qui est Jean-Pierre Bemba Gombo

Par Wakabi Wairagala

Cette semaine, quatre témoins ont apporté leur déposition en faveur de Jean-Pierre Bemba, le chef d’opposition congolais qui est jugé devant la Cour pénale internationale (CPI) depuis novembre 2010.

Tous les témoins sont des anciens soldats de l’armée de la République centrafricaine (RCA) et ils ont témoigné via un lien vidéo. Ces dépositions des témoins ont en commun le fait qu’ils n’avaient connaissance d’aucun crime commis par les troupes du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de l’accusé qui ont combattu aux côtés des soldats du gouvernement centrafricain lors du conflit de 2002-2003.

Trois des témoins ont déclaré que les crimes qui avaient été commis durant cette période étaient l’œuvre des forces rebelles commandées par François Bozizé. Ces témoins ont combattu dans des forces communes comprenant des forces armées centrafricaines (FACA) et le MLC lors de la campagne contre les insurgés. La quatrième personne a indiqué que puisqu’ils appartenaient aux force communes, les soldats congolais étaient passés sous le commandement direct des autorités de ce pays et non sous celui de M. Bemba.

Par crainte que les témoins ne subissent des représailles si leur identité était révélée au public, les quatre anciens soldats ont apporté leur déposition avec une déformation de leur voix et de leur visage lors des transmissions publiques de leur témoignage. Ils se sont présentés en tant que ‘‘témoin D04-03’’, ‘‘témoin D04-04’’, ‘‘témoin D04-09’’ et ‘‘témoin D04-06’’.

Le ‘‘témoin D04-04’’ a décrit des massacres de civils commis par les rebelles de M. Bozizé. Il a déclaré, « Nous avons vu des cadavres, des maisons incendiées et des villageois assassinés ». Il a décrit le village de Sibut après que les forces gouvernementales l’aient arraché au contrôle des rebelles.

Il a indiqué que lorsque son unité avait atteint la banlieue PK 12, de nombreux civils étaient venus signaler les abus commis par les rebelles. Á Damara, le chef de village leur a raconté les pillages et les viols que les rebelles avaient perpétré. Á Bossangoa, un prêtre a indiqué aux forces gouvernementales que les rebelles avaient pillé une usine de coton et une église.

L’avocat de la défense Peter Haynes a demandé au ‘‘témoin D04-04’’ s’il avait connaissance des crimes commis par les forces loyalistes dans les zones de combat dans lesquelles il avait été engagé.

« Non, je n’en avais pas connaissance », a répondu le témoin. Il a expliqué que ce peloton, qui comprenait des soldats des forces gouvernementales et des combattants issus des troupes du groupe de M. Bemba, était le premier à pénétrer dans la ville tandis que les rebelles fuyaient.

Il a également affirmé qu’il y avait peut-être eu une « confusion » au sujet de l’identité des auteurs des crimes. Le ‘‘témoin D04-04’’ a déclaré qu’il était possible que les crimes aient été commis par des soldats centrafricains qui parlaient lingala, une langue originaire de la République démocratique du Congo.

« On ne pouvait pas distinguer les soldats congolais des soldats centrafricains car ils portaient tous le même uniforme », a-t-il indiqué.

L’avocat de l’accusation Thomas Bifwoli a déclaré au témoin que le procès avait entendu précédemment un témoignage sur des armes qui auraient été volées aux combattants du MLC par des soldats centrafricains. M. Bifwoli a indiqué que, d’après ce témoignage, les soldats congolais avaient ensuite opéré de manière indépendante.

L’avocat de l’accusation a demandé au ‘‘témoin D04-04’’ pourquoi son témoignage contredisait cette déposition.

Le témoin a répondu : « Ne sous-estimez pas les FACA. Nous n’allions pas rester sans rien faire et laisser des gens qui étaient venus nous aider nous piller. Je ne peux imaginer qu’il y ait un seul soldat centrafricain qui puisse le tolérer ».

M. Bemba nie le fait que ses troupes aient commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité lors de leur engagement dans le conflit en RCA. Il soutient que les autres groupes ayant participé aux combats ont commis les crimes.

Le juge président Sylvia Steiner a interrogé le ‘‘témoin D04-04’’ au sujet de la déposition d’un autre ancien soldat des forces gouvernementales qui a déclaré au procès que certaines forces loyalistes attaquaient les civils afin de se venger.

Le témoin a indiqué qu’il n’était pas au courant de ces attaques. « Après que nous ayons avancé, il y avait toujours une unité qui s’installait dans les villes pour s’assurer que l’ennemi ne reviendrait pas. Ceux qui sont restés derrière peuvent avoir fait çà », a-t-il précisé.

Jeudi, Marie Edith Douzima-Lawson, un avocat représentant les victimes au procès, a présenté au ‘‘témoin D04-04’’ une déclaration faite par un témoin précédent qui habitait Sibut. Cette personne anonyme a affirmé que les troupes de M. Bemba avaient violé des filles dont certaines étaient âgées de 10 ans. Ces filles auraient été vues dans la ville courant nues et hurlant.

Le ‘‘témoin D04-04’’ a affirmé que les habitants de Sibut « avaient chaleureusement accueilli » les troupes communes de congolais et de FACA. « Elles étaient heureuses de nous voir », a-t-il ajouté.

Entretemps, le ‘‘témoin D04-03’’ a décrit un massacre dans un marché au bétail de la capitale du pays, Bangui, qui, selon lui, avait été perpétré par une milice alliée aux forces armées du pays. D’après lui, aussi bien les rebelles de M. Bozizé que l’armée nationale agressaient les civils pendant le conflit.

Il a indiqué que les actes violents commis par les soldats des FACA étaient des représailles à la suite des attaques commises par les rebelles. Il a déclaré que les rebelles avaient violé, pillé et tué, les insurgés visant les partisans du président de l’époque, Ange-Félix Patassé, ainsi que les membres de leurs familles.

Selon le témoin, les soldats des FACA dont les parents avaient subi des actes de violence de la part des rebelles perpétraient des attaques pour se venger. Il a précisé qu’une de ces attaques avait été menée par le colonel Abdoulaye Miskine dans un marché au bétail du PK 13, une banlieue proche de la capitale Bangui.

« La plupart des personnes qui vendaient du bétail étaient des tchadiens. Les hommes de M. Miskine ont tué tous les gens qu’ils pensaient être tchadiens », a indiqué le témoin. Il n’a pas précisé combien de personnes avaient été blessées ou tuées lors de la fusillade. Cette attaque avait été menée car il y avait des citoyens tchadiens parmi les rebelles de M. Bozizé.

M. Miskine, connu également sous le nom de Martin Koumtamadji, commandait une unité spéciale indépendante des FACA, qui figurait parmi les groupes qui ont aidé M. Patassé à combattre les insurgés.

Le ‘‘témoin D04-03’’ a déclaré qu’il avait, avec d’autres soldats centrafricains, pillé la résidence de M. Bozizé, prenant des chaussures, des vêtements, des véhicules et des armes.

Il a soutenu avoir été présent pendant des viols perpétrés par les soldats des FACA. Il a indiqué que les viols l’avaient mis en colère. « Ce n’était pas pour cette raison que nous étions là. Notre but était de libérer les centrafricains, non pas de violer nos sœurs », a précisé le témoin.

« Avez-vous vu des troupes du MLC impliquées dans la commission de crimes ? », a demandé l’avocat de la défense Peter Haynes.

« Non, je ne l’ai jamais vu », a répondu le témoin.

Pour sa part, le ‘‘témoin D04-09’’, qui a conclu sa déposition lundi, a répété le contenu de son témoignage antérieur selon lequel c’était les rebelles de M. Bozizé qui commettaient les crimes. Dans son témoignage de la semaine dernière, le ‘‘témoin D04-09’’ a indiqué que les rebelles avaient commis des meurtres, des viols et des pillages dans des villes telles que Boy-Rabé alors qu’ils progressaient vers la capitale.

Le ‘‘témoin D04-09’’ a déclaré qu’ils avaient également procédé à une « destruction massive » les jours qui avaient suivi leur prise du pouvoir, le 15 mars 2003. Il a précisé que les habitants avaient indiqué avoir fui la ville car les rebelles de M. Bozizé ouvraient le feu sans discernement. Le témoin a précisé qu’il n’avait connaissance d’aucun crime commis par les troupes du MLC.

Le ‘‘témoin D04-06’’, qui a débuté son témoignage lors du procès vendredi matin, a indiqué que le général André Mazzi, qui était chargé du commandement des opérations contre les rebelles, donnait des ordres, y compris aux principaux commandants des forces de M. Bemba.

Ce témoin a déclaré que le général Mazzi relevait du général Ferdinand Bombayake, le commandant de la garde présidentielle centrafricaine. Le général Bombayake relevait directement au président Patassé.

« La plupart des instructions du général [Mazzi] provenaient du président. J’ai entendu le général donner des instructions », a précisé le témoin.

Le ‘‘témoin D04-06’’ a également déclaré que « de temps en temps », le général Bombayake donnait des ordres directs à Mustafa Mukiza, le commandant en chef des troupes de M. Bemba déployées dans le pays en conflit. Le témoin a ajouté que « Toutefois, André Mazzi maintenait des communications avec Mustafa à tout instant ».

 

2 Commentaires
  1. je me pose des questions , comment pouvez vous croire plusieurs temoins ont defiles devant la CPI et temoignent que les forces deployer par J P BEMBA ne connessaoient rien du tous sur vols, viols etc , en plus ces soldats etaient controles et excuter les ordres des officiers de la republique centre africain mais la cour ne veut toujours signer la liberation de J P BEMBA?

  2. Pour une telle procédure judiciaire, il est important de vider la matière et que les juges que nous pensons avoir prêtés serment pour une justice internationale et indépendante afin de laver J;Bemba de tout montage du Conseil de Sécurité des nations Unies ainsi que de certains politiks africains. J.Bemba est un prisonnier des grandes puissances mais la Cour doit rester impartiale puis doit accorder une liberté provisoire à notre Sénateur et leader politique Congolais.
    Wait and see.

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