Jean-Pierre Bemba in court
qui est Jean-Pierre Bemba Gombo

Par Wakabi Wairagala

Un ancien membre du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) a été aujourd’hui interrogé par la défense de Jean-Pierre Bemba au sujet du code de conduite que le groupe appliquait à l’époque où ses soldats auraient commis des crimes de guerre.

Le témoin « de l’intérieur », qui se présentait à la barre sous le pseudonyme de ‘‘témoin 32’’, a lu différents articles du code à la demande de l’avocat de la défense, Aimé Kilolo-Musamba. La signification de cette lecture, toutefois, n’est pas apparue clairement puisque l’interrogatoire qui a suivi s’est déroulé à huis clos.

Tandis que les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) soutiennent que l’accusé de crimes de guerre M. Bemba n’avait pas fait connaître le code de conduite du groupe à ses soldats, ce dernier a répondu qu’il utilisait réellement le code pour punir les soldats fautifs. M. Bemba est jugé pour manquement présumé à prendre des mesures, en tant que commandant en chef du MLC, à l’encontre de ses soldats qui auraient perpétré en masse des viols, des meurtres et des pillages en République centrafricaine (RCA) pendant les années 2002 et 2003.

Le ‘‘témoin 32’’ a déclaré que, comme tous les autres groupes armés, le MLC possédait un code de conduite dont les objectifs déclarés étaient « d’améliorer les activités militaires au sein du MLC en vue de répondre aux attentes des populations, de guider, renforcer et améliorer les actions de l’armée afin d’accroître son pouvoir et sa capacité ainsi que de protéger le moral des soldats pendant la guerre ».

Le témoin a lu certaines parties du code relatives aux mutins et aux mesures disciplinaires à prendre à l’encontre des soldats qui s’emparaient des biens appartenant aux civils. Il a indiqué que le code devait être respecté et appliqué à tous les échelons du MLC.

M. Kilolo-Musamba a également interrogé le témoin sur une personne connue sous le nom de ‘’Bravo Charlie’’ que l’avocat de la défense a soutenu être suspectée de « trahison, espionnage et collaboration avec les ennemis du MLC ».

Le juge président Sylvia Steiner est intervenue avant que le témoin n’ait pu répondre. « Lorsque vous parlez de trahison, quel pays évoquez-vous ? La République démocratique du Congo ? », a demandé le juge. « Et lorsque vous évoquez l’espionnage avec des ennemis suspectés de trahison, c’est une trahison contre qui ? ».

Avant que l’avocat de la défense n’ait pu apporter une réponse, l’audience s’est poursuivie à huis clos.

La défense poursuivra le contre-interrogatoire du ‘‘témoin 32’’ demain matin.


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