Jean-Pierre Bemba in court
qui est Jean-Pierre Bemba Gombo

Par Wakabi Wairagala

Tandis que la défense a nié que l’accusé de crimes de guerre Jean-Pierre Bemba avait le contrôle de ses forces, qui étaient déployées en République centrafricaine (RCA), un témoin a déclaré aujourd’hui que M. Bemba téléphonait régulièrement à un commandant de sa milice présente dans ce pays.

« Il appelait le matin, l’après-midi. Il appelait plusieurs fois », a indiqué le témoin qui bénéficiait d’une déformation numérique du visage et de la voix ainsi que d’un pseudonyme pour protéger son identité. Le ‘‘témoin 112’’ n’a toutefois pas précisé en séance publique comment il avait appris que c’était M. Bemba qui appelait régulièrement le commandant anonyme du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), qui avait installé le camp dans le quartier où le témoin vivait.

Le témoin a raconté qu’un groupe de soldats du MLC était arrivé dans la maison dans laquelle il travaillait en tant que garde, l’avait agressé, lui avait volé des biens et avait occupé la maison pendant trois mois.

La maison était située dans la ville de Begua.

« Lorsqu’ils sont entrés de force dans la maison la première fois, ils étaient au nombre de cinq. Après être entrés, ils ont prévenu d’autres soldats et un nombre plus important d’entre eux a pénétré dans la maison, 15 environ », a affirmé le ‘‘témoin 112’’. Il a indiqué que les soldats avaient emporté tous les biens que renfermait la maison.

Parmi le groupe de soldats figurait un ‘‘chef’’ qui occupait la chambre principale de la maison. Le témoin a déclaré que ce chef possédait deux téléphones avec lesquelles il gardait contact avec M. Bemba.

Le témoin a indiqué, « Lorsqu’il voulait passer un appel, il utilisait le petit [téléphone]. Avec le grand, il ne faisait que recevoir des appels ». Il a également témoigné avoir découvert les conversations téléphoniques entre M. Bemba et le ‘‘chef’’ puisqu’il était resté avec les soldats du MLC pendant 10 jours lors de leur occupation de la maison, prenant en charge les tâches domestiques. Le témoin n’a apporté en séance publique aucun détail sur les questions qui auraient été débattues par téléphone par M. Bemba et son commandant à Begua.

M. Bemba est jugé devant la Cour pénale internationale (CPI) pour manquement présumé à contrôler ses soldats déchaînés que les procureurs accusent d’avoir perpétré en masse des viols, des meurtres et des pillages. Les procureurs soutiennent que M. Bemba savait que ses forces commettaient ou étaient sur le point de commettre des crimes mais qu’il n’a pas pris « toutes les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher ou réprimer les crimes » commis par les forces du MLC.

M. Bemba a nié toutes les accusations, arguant que, une fois que ses troupes avaient traversé la frontière de la République démocratique du Congo pour pénétrer dans la République centrafricaine voisine, elles n’étaient plus sous son contrôle.

Dans sa déposition d’aujourd’hui, le ‘‘témoin 112’’ a également déclaré à la barre que les soldats du MLC avaient tué sa femme et saccagé sa maison. Des détails du meurtre ont été discutés à huis clos. En séance publique, le témoin a déclaré que les soldats du MLC avaient pris plusieurs objets dans sa maison, notamment un poste de radio, des matelas de mousse, des vêtements, un lit, un broyeur, une machine à coudre et des ustensiles de cuisine. Il a estimé les dommages causés dans sa maison à la somme de 1,5 millions de francs CFA (USD 3,254) et la valeur des biens volés à 1,7 millions CFA (USD 3,700).

« J’étais démuni. Je n’avais plus de femme car ils l’avaient tuée et par conséquent mes enfants et moi-même en avons beaucoup souffert », a indiqué le témoin lorsque l’avocat de l’accusation Massimo Scaliotti l’a interrogé sur les effets des actes du MLC sur sa vie.

Les représentants légaux des victimes participant au procès devraient interroger le ‘‘témoin 112’’ demain matin.

5 Commentaires
  1. telephoner à son commandant place n’a rien d’un crime reste a prouver que le senateur bemba a effectivement donné l’ordre de proceder aux viols et autres crimes . nous ici a kinshasa nous avons quand meme eu le privilege de voir le comportement des soldats de bemba :c’etaient des soldats tres disciplinés malgré leur modique salaire comparé aux soldats de kabila.donc dire que bemba donné de l’ordre par telephone pour que ses soldats commettent des exactions c’est un peu tiré par les cheveux ;ces temoins ne cherchent qu’a se faire une fortune sur le dos d’un innocent juste pour faire plaisir aux occidentaux.

  2. Bemba est innocent

  3. Le temoin est un aventurier de grande taille teleguidé par Moreno Ocampo, souvenez vous qu’il y avait un temoin qui avait soutenu que les enqueteurs de la CPI, leur demandait de mentir a propos de bien perdus ainsi que de l’argent.
    En droit la fraude corrompt tout, pourquoi continuez vous ce maudit proces,par ce que des temoins qui etaient à charge sont devenus à decharge.
    pourquoi, cherchez vous des responsables alors que le Juge de la RCA ainsi que le procureur ont dit que c’est patassé et ses generaux qui coordonnait tout.

  4. dans ce proces tout est fait pour condamner bemba malgré sa non-implication dans la chaine de commandement car meme barack obama telephone a son commandant en operation en afghanistan le general petraeus pour s’enquerir et du morale et des operations sur le terrain sans pour autant donner des ordres car les troupes americaines sont placés sous commandement de la force internationale. SVP liberer BEMBA ET L’honneur de la CPI de merde sera sauf et cesser de dilapider
    inutilement le tresor des pays contributeurs car proces demontre les limites de la justice humaine.
    et dans l’avenir cesser de prendre les juges africains et ouest-africains car ce souvent des juges qui ne sont là que pour s’enrichir ils sont pret a vendre leurs parents pour juste se faire une situation.je tiens aussi du fond de mon coeur a feliciter la juge japonaise OZAKI qui affiche sans complexe ses differences de vues par rapport aux deux occidentales.

  5. Pourquoi ce genre de réaction devant les millions e victimes qui souffrent à travers le monde et en Arique particlièrement? Pourquoi penser que c’est la libération de BEMBA dont linnocence n’est pas encore prouvée qui cribiliserait la CPI? N’y a-t’il pas des procès au plan national, dans tout pays, où des procès durent beaucoup plus que celui de BEMBA?Qu’avons-nous à protéger? Sommes nous à défendre un africain même quand il serait capable d’avoir commis des atrocités sur d’autres africains? Pourquoi c’est toujour l’occident qui est le bouc émissaire? Nous n’évoluons que d’irresponsabilité en irresponsabilité. Aidons plutôt la CPI à deveninir forte, juste et trensparente et que le mieux être mondial que celà va occasionner soit à la solde des africains.


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