Jean-Pierre Bemba in court
qui est Jean-Pierre Bemba Gombo

Par Wakabi Wairagala

Aujourd’hui, lors du procès pour crimes de guerre de l’ancien vice-président congolais, la défense a débuté le contre-interrogatoire du 28ème témoin appelé par l’accusation, qui est un ancien membre du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), la milice dirigée par l’accusé. L’essentiel du contre-interrogatoire s’est déroulé à huis clos.

Lors des brefs instants de la journée qui se sont tenus en séance publique, le ‘‘témoin 33’’ a affirmé que, au sommet de sa réussite politique, le MLC a contrôlé un territoire plus large que celui de la France. « Nous avons contrôlé une grande part de l’Équateur et de l’Orientale », a-t-il déclaré. Le témoin a bénéficié d’une déformation numérique de son visage et de son image afin de ne pas divulguer son identité au public.

L’Équateur et l’Orientale sont des provinces septentrionales de la République démocratique du Congo qui bordent la République centrafricaine (RCA).

« L’objectif du MLC était de fournir une sûreté, une sécurité, un bien-être et une qualité de vie à tous les personnes vivant dans la zone qu’il contrôlait, est-ce exact ? », a demandé l’avocat de la défense Peter Haynes.

« En effet », a répondu le témoin.

M. Bemba est jugé devant la Cour pénale internationale (CPI) pour manquement à contrôler ses soldats qui ont commis des actes de violence sur des civils centrafricains en 2002 et 2003. Les soldats étaient présents dans le pays pour aider le président de l’époque, Ange-Félix Patassé, à combattre une tentative de coup d’état. Pendant cette période, le MLC était un groupe rebelle qui tentait de prendre le pouvoir au gouvernement du président congolais Joseph Kabila. Cependant, à la suite de la signature d’un accord de paix, les troupes du groupe avaient été intégrés à l’armée nationale et M. Bemba était devenu un des vice-présidents du Congo.

En niant les charges retenues à son encontre, M. Bemba a soutenu que, une fois que les troupes avaient quitté le territoire congolais, il n’exerçait plus un contrôle effectif sur elles et qu’elles étaient passées sous le commandement direct de M. Patassé.

Le ‘‘témoin 33’’ a commencé sa déposition jeudi dernier. Dans un témoignage précédent, il a décrit les structures de commandement du MLC et a déclaré que M. Bemba pouvait donner des ordres directs à ses troupes sur le terrain au lieu d’utiliser les hiérarchie et chaîne de commandement existantes.

Le témoin a également décrit M. Bemba comme un chef charismatique dont « l’engagement personnel » dans le MLC était une source de « grande motivation pour les troupes sur le terrain ».

De plus, le ‘‘témoin 33’’ a affirmé que le MLC avait créé un tribunal militaire pour juger ses soldats suspectés d’être impliqués dans les crimes violents perpétrés sur les civils centrafricains. Selon le témoin, les procès étaient destinés à « améliorer l’image du mouvement ».

Entretemps, plus tôt dans la journée, le ‘‘témoin 33’’ a été interrogé par Marie-Edith Douzima-Lawson et Assingambi Zarambaud qui représentent les victimes participant au procès. L’interrogatoire s’est majoritairement déroulé à huis clos.

La défense poursuivra le contre-interrogatoire du ‘‘témoin 33’’ demain après-midi.


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